Du Rock Dans Les Cuisines : L’Expérience Sensorielle qui Bouscule les Codes de la Restauration – Entretien avec Marc Morandi
Sous la coupole du Centre International de Deauville (CID), l’atmosphère feutrée des congrès habituels a laissé place à une effervescence électrique. Entre les balances sonores d’un groupe de rock et la précision chirurgicale des gestuelles techniques en cuisine, le décor est planté : nous sommes au cœur de la 19ème étape de la tournée « Du Rock Dans Les Cuisines » (DRDLC). Ce concept, véritable ovni dans le paysage de la restauration hors-foyer, rompt avec le formalisme des salons B2B pour proposer une immersion sensorielle brute. Nous avons rencontré Marc Morandi, Responsable des événements du Groupe Pomona, l’architecte de cette rupture qui place le sourcing, le terroir et l’émotion au centre de l’assiette.
Marc Morandi, comment est née cette aventure et quelle est l’ambition de ce format aujourd’hui ?
Marc Morandi : Tout a commencé en 2016. L’idée initiale du Groupe Pomona était de créer un concept collaboratif unique, capable de fédérer nos trois branches expertes : PassionFroid, EpiSaveurs et TerreAzur. Si l’ADN du projet est ancré depuis plusieurs années, c’est en 2022 que nous avons changé d’échelle en lançant une véritable tournée nationale structurée.
Où en est le déploiement de cette tournée à l’heure actuelle ?
Marc Morandi : Nous entamons notre troisième année de déploiement national. Deauville marque une étape symbolique : c’est notre 19ème date sur les trois dernières années. C’est un marathon de proximité qui nous permet de régénérer le lien avec nos clients restaurateurs sur tout le territoire.
Vous refusez catégoriquement le terme de « salon » pour qualifier DRDLC. Pourquoi ?
Marc Morandi : Parce que l’intention est radicalement différente. Comme je le répète souvent à nos équipes et à nos partenaires : « Le but c’est vraiment de se positionner comme étant un festival gastronomique. Ce n’est pas un salon, c’est vraiment un événement différenciant qui n’existe pas sur le marché et que nos concurrents ne font pas. » Nous ne sommes pas là pour aligner des stands, mais pour proposer un événement expérientiel.
Le succès de DRDLC repose sur une « rupture forte » avec les codes institutionnels, portée par deux piliers qui s’alimentent mutuellement.
Le Pilier Cuisine : Une Expérience Totale
Ici, la gastronomie est envisagée comme un art vivant. Il ne s’agit pas seulement de goûter, mais de vivre le produit à travers une expérience :
- Sensorielle et vibrante : Les produits sont mis en scène pour mettre les sens en orbite.
- Technique et authentique : On y valorise la noblesse du sourcing et la maîtrise du geste.
Le Pilier Musique : L’Émotion Rock La musique n’est pas un simple fond sonore, elle est le métronome de l’événement. Pour la saison 2025–2026, intitulée « Rock of Legends », le groupe TrioCover propose un set d’une heure et demie revisitant les plus grands classiques du rock, créant un pont émotionnel entre les générations de chefs.
Ce que les professionnels trouvent sur chaque date :
- Une cinquantaine de shows culinaires dynamiques.
- Des dégustations de produits rigoureusement sélectionnés par les experts de PassionFroid, EpiSaveurs et TerreAzur.
- Un espace d’échange privilégié avec les Chefs et les conseillers culinaires pour discuter des problématiques métier dans un cadre décontracté.
Une étape à Deauville
L’étape du 11 mars à Deauville se distingue par son ampleur, avec une fréquentation attendue de 380 à 400 établissements, ce qui représente environ 900 clients. Pour animer cet événement, l’organisation a mis en place une cinquantaine de shows culinaires. Ces ateliers sont spécifiquement conçus pour mettre en valeur les marques de distributeurs (MDD) du groupe Pomona, tout en intégrant des fournisseurs partenaires sélectionnés avec soin pour leur qualité.
Au-delà de l’aspect festif, DRDLC est un outil de conquête et de fidélisation géographique. Marc Morandi applique une règle de fer : la non-redondance géographique.
L’objectif est de renouveler systématiquement la « zone de chalandise ». Le Groupe Pomona ne retourne jamais deux fois de suite dans la même ville afin de couvrir tout le maillage des succursales locales. « Nous avons fait Le Havre il y a deux ans, nous sommes à Deauville cette année, et nous serons à Caen dans deux ans », explique-t-il. Cette itinérance raisonnée permet de toucher 100% des restaurateurs locaux sans créer de lassitude, tout en s’adaptant aux spécificités de chaque terroir régional.